Une récente étude publiée dans Frontiers in Neurology vient raviver un débat important dans le domaine de l’hyperbare. Et si la pression, à elle seule, jouait un rôle thérapeutique beaucoup plus important qu’on ne l’a longtemps cru?

Traditionnellement, l’oxygénothérapie hyperbare (HBOT) est associée à l’utilisation d’oxygène pur sous pression afin d’augmenter l’oxygénation des tissus. Cette approche est bien documentée et utilisée dans plusieurs contextes médicaux. Toutefois, cette nouvelle recherche met en lumière un élément souvent sous-estimé : l’impact direct de la pression.

Les chercheurs ont observé que même en conditions d’air ambiant — donc sans oxygène pur — des effets biologiques significatifs peuvent être mesurés à des pressions modérées, notamment autour de 1.3 ATA. Parmi ces effets, on retrouve une augmentation de la mobilisation des cellules souches ainsi qu’une modulation de l’inflammation, deux mécanismes fondamentaux dans les processus de réparation et de régénération du corps.

Ces observations sont particulièrement importantes, car elles remettent en question certaines bases de la recherche passée. Pendant des années, plusieurs études ont utilisé des protocoles à 1.3 ATA comme groupe “placebo”. Or, si cette pression entraîne déjà des effets physiologiques mesurables, il devient légitime de se demander si ces conclusions doivent être réévaluées.

Cela ouvre également la porte à une réflexion plus large sur l’accessibilité de la thérapie hyperbare. Les chambres hyperbares à air ambiant, notamment les modèles flexibles, pourraient offrir une approche complémentaire intéressante, plus accessible et plus simple d’utilisation, tout en conservant un potentiel thérapeutique réel.

Bien entendu, il est important de rester nuancé. Cette étude ne remet pas en cause l’efficacité des protocoles à haute pression avec oxygène pur, mais elle suggère plutôt que la pression et l’oxygène pourraient agir ensemble, de façon complémentaire.

En d’autres mots, nous commençons peut-être seulement à comprendre l’ensemble du potentiel de l’hyperbare.

https://www.frontiersin.org/journals/neurology/articles/10.3389/fneur.2023.1192793/full?fbclid=IwY2xjawRLjDBleHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEeKbaVC9DYJrBt-dKqxoJDObh_IgKXvvMeCth6UC1l5tTYocB0DzNFVh_Sn3c_aem_yzORH0BXRpwJnAxPPDOCvw